Sous l’œil de la diplomatie française de Stéphane Malsagne Éditions Geuthner - 2017

, par Mohammad Bakri


Editeur


Auteur(s) : Stéphane Malsagne
Titre : Sous l’œil de la diplomatie française. Le Liban de 1946 à 1990
Editeur : Éditions Geuthner
Parution : 2017
338 pages
ISBN 10 : 2705339814
ISBN 13 : 9782705339814


Éditions Geuthner


Pourquoi le Liban est-il le seul pays arabe du Moyen-Orient à n’avoir jamais rompu ses relations diplomatiques avec la France depuis la fin de la Seconde guerre mondiale ? En quoi la relation franco-libanaise si privilégiée et si diverse par son contenu, a-t-elle profondément contribué à fabriquer l’histoire même du Liban contemporain ? Quels regards et contributions les différents ambassadeurs de France ont-ils apporté à la construction de cette histoire ? Pourquoi la France a-t-elle progressivement perdu son image de protectrice privilégiée des chrétiens du Liban au fil des années de guerre ? Quelles furent plus globalement les lignes directrices et les inflexions de la diplomatie française au Liban de 1946 à 1990 ?

Autant de questions majeures auxquelles cet ouvrage, à partir d’archives inédites, tente d’apporter des éléments de réponses.

« Il nous en apprend aussi beaucoup sur des dimensions méconnues de la diplomatie française au Levant : le rôle des “conseillers orientaux”, des agents recrutés localement, servant sous plusieurs ambassadeurs successifs, aux réseaux d’influence entretenus avec soin (...). Sur tous ces aspects, et bien d’autres, Sous l’œil de la diplomatie française constitue une somme à la fois accessible, dense et nourrie ».
Jean-Pierre Filiu

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Agenda Culturel


Le 04/10/17
Agenda Culturel
Propos recueillis par Zeina Saleh Kayali


‘Sous l’œil de la diplomatie française’, lecture inédite de l’histoire du Liban de 1946 à 1990


Alors qu’il vient de publier aux éditions Geuthner ‘Sous l’œil de la diplomatie française’, ouvrage qui propose une lecture très inédite de l’histoire du Liban, Stéphane Malsagne répond aux questions de l’Agenda Culturel.

Comment vous est venue l’idée d’écrire un tel ouvrage ?

Je suis historien de formation et travaille sur le Liban depuis de nombreuses années. J’ai consacré ma thèse à l’ancien président Fouad Chéhab. Celle-ci a été publiée sous la forme d’une biographie en 2011, ‘Fouad Chéhab, une figure oubliée de l’Histoire libanaise’. En 2014, j’ai édité le journal au Liban du père dominicain Louis-Joseph-Lebret qui a dirigé une mission essentielle (IRFED), laquelle a inspiré la politique de développement mise en œuvre par le général Chéhab entre 1959 et 1964. Les réformes mises en place à cette époque restent encore aujourd’hui des références pour les hommes politiques libanais. Dans mes différents travaux sur le Liban, j’ai toujours cherché à mettre en lumière les acteurs nationaux et étrangers qui ont fabriqué l’histoire même du pays. Par le biais de la biographie, il s’agissait pour moi de sortir d’une histoire nationale longtemps confinée à la présentation de faits institutionnels et politiques souvent déconnectés des hommes et des réseaux qui en ont été les initiateurs. Dans mon dernier livre, ‘Sous l’œil de la diplomatie française. Le Liban de 1946 à 1990’, je poursuis cet objectif en prenant pour angle d’approche les ambassadeurs de France au Liban entre 1946 et 1990. Parmi eux, quelques grandes figures souvent mal connues des Libanais eux-mêmes dont Armand du Chayla, le premier représentant français au Liban après l’indépendance. Ces ambassadeurs ont non seulement été les témoins directs d’une histoire complexe qui s’étend jusqu’à la fin de la ’’guerre civile’’, mais ils ont aussi, comme relais de la diplomatie française, fortement pesé sur l’histoire même du Liban. Le livre questionne ainsi le degré d’autonomie de ces diplomates au regard de leurs missions initiales confiées par le Quai d’Orsay. Derrière les ambassadeurs, gravite en réalité un réseau complexe de conseillers d’ambassade, de conseilleurs orientaux, voire d’émissaires parallèles dont le rôle fut souvent décisif à certains moments saillants de l’histoire libanaise. Le livre tente de réhabiliter ces personnalités jusque-là peu connues. Au-delà, l’ouvrage se présente comme une nouvelle contribution à l’histoire du Liban à partir du parcours et du regard des diplomates français présents à Beyrouth. Il interroge aussi le profil de ces diplomates nommés sur un poste à la fois prestigieux et recherché, mais aussi particulièrement dangereux en temps de guerre. Le livre apparaît à l’échelle du Liban comme la première esquisse d’un travail plus global à mener sur l’histoire de la diplomatie française au Moyen-Orient depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agit incontestablement d’un terrain encore neuf pour les historiens. Il existait quelques travaux anciens sur l’histoire de la relation franco-libanaise après l’indépendance, mais encore aucun ouvrage d’ensemble. De plus, l’historiographie existante se cantonnait généralement à des périodes très réduites et négligeait très souvent les acteurs eux-mêmes.

Quelles sont les questions qu’il pose ?

Le livre veut d’abord insister sur les puissantes interactions qui ont toujours existé entre la France et son ancien Mandat libanais depuis l’indépendance effective de 1946 (départ des dernières troupes françaises) jusqu’à la fin de la guerre du Liban. L’histoire du Liban contemporain s’est en effet fortement nourrie de ces interactions, et le livre cherche à en restituer les principaux paradigmes, ainsi que les grandes étapes. L’histoire de cette relation France-Liban est en effet loin d’être linéaire. L’ouvrage distingue trois étapes et propose une périodisation de la relation franco-libanaise à l’intérieur de laquelle sont restitués les faits marquants de l’histoire nationale. Les années 1946-1969 qui suivent l’indépendance marquent l’apogée de la relation franco-libanaise. Les années de présidence gaullienne constituent à ce titre un âge d’or. La période 1969-1981 correspond à la fin de cet âge d’or, aux premières tensions importantes entre Paris et Beyrouth, aux premières années de guerre qui aboutissent en 1981 à l’assassinat tragique de l’ambassadeur Louis Delamare. Le livre reconstitue dès ces moments les principaux évènements de la guerre et pose dès lors la question du difficile exercice du métier d’ambassadeur en temps de guerre. La France n’a en effet jamais renoncé à son ambassade au Liban, y compris lors des moments les plus douloureux du conflit. Entre 1981 et 1990, la France hésite entre l’exercice de la puissance et le maintien de l’influence au Liban. Dès 1978, des soldats français de la FINUL sont présents au sud-Liban. En 1982 et 1983, l’armée française joue un rôle essentiel dans l’évacuation des forces de l’OLP à Beyrouth, puis à Tripoli. Paris paye un lourd tribut en soldats comme l’illustre l’attentat contre l’immeuble Drakkar en 1983. Le livre montre que, parallèlement à l’exercice du hard power français durant la guerre, la France continue tant bien que mal à vouloir jouer un rôle privilégié au Liban par le biais de ses canaux traditionnels d’influence : le domaine culturel et la coopération économique. Malgré la ligne officielle française de non-ingérence dans le conflit libanais, la politique favorable à l’OLP menée sous la présidence de François Mitterrand et les liens étroits entre Paris et les chefs de milices chiite et druze déroute une partie importante des chrétiens du Liban qui ont l’impression d’être abandonnée par la France, leur soutien traditionnel depuis des décennies. Le propos du livre est aussi de montrer comment a fini par s’installer une incompréhension proche parfois de la rupture entre la France et les chrétiens du Liban.

Quelles ont été vos sources ?

La nouveauté apportée par le livre vient précisément des sources nouvelles sur lesquelles il s’appuie. Cet ouvrage n’aurait en effet pu voir le jour sans l’ouverture récente des archives diplomatiques françaises relatives au Liban couvrant la période de la guerre civile. Aussi paradoxal que ce soit, ces archives n’avaient fait l’objet pour le moment d’aucun dépouillement systématique. Il s’agit d’un fonds assez considérable. En raison de la faiblesse des archives disponibles au Liban sur la période de la guerre, ces sources sont extrêmement précieuses pour l’historien car elles contiennent également de nombreux documents strictement libanais, mais aussi évidemment les dépêches diplomatiques françaises et les dossiers et les rapports des ambassadeurs. Si ces documents diplomatiques ont été abondamment utilisés, le livre s’appuie également sur de nombreux travaux récents d’historiens qui, depuis une dizaine d’années, ont contribué à renouveler notre connaissance de l’histoire du pays.

Pourquoi votre ouvrage s’arrête-t-il à 1990 ?

1990 s’imposait comme date limite car, après, les archives ne sont pas encore accessibles en raison du délai légal de consultation. La séquence 1946-1990 reste par ailleurs tout à fait cohérente. Elle clôture une première période essentielle de l’histoire du Liban post-mandataire : la première République libanaise dont l’existence remonte à 1926, mais ce n’est qu’à partir de 1946 que s’installe à Beyrouth une légation de France en remplacement de la Délégation générale, avec à sa tête un ministre plénipotentiaire, devenu par la suite ambassadeur. Après les années de guerre marquées dès la fin des années 1980 par un repli relatif de la France au Liban, la période postérieure à 1990 marque la volonté d’un retour en force du soft power français dans son ancien Mandat et ce, dans le contexte nouveau d’une présence militaire syrienne effective depuis 1976, mais institutionnalisée par l’accord de Taëf de 1989, avant le retrait de 2005. Quant à l’histoire par les archives des interactions franco-libanaises des débuts de la Seconde République à nos jours, elle reste encore à écrire.

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L’Agenda Culturel est, depuis son lancement en 1994, la seule publication spécialisée dans la promotion des activités culturelles au Liban et la première en son genre dans le monde arabe. Média de référence, l’Agenda Culturel est un acteur majeur du développement de la vie culturelle et communique l’image d’une société en évolution en répertoriant les activités qui animent la vie culturelle du pays.



Les clés du Moyen-Orient


Les clés du Moyen-Orient
Par Stéphane Malsagne
Article publié le 12/10/2017


Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (1/2))


Stéphane Malsagne est agrégé, docteur en histoire (Paris I) et chargé d’enseignement sur l’histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris et à l’UVSQ.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le Liban dont Fouad Chéhab (1902-1973), une figure oubliée de l’Histoire libanaise, Karthala/Ifpo, 2011 ; Journal du Père Lebret au Liban et au Moyen-Orient (1959-1964), Geuthner, 2014 et Sous l’œil de la diplomatie française. Le Liban de 1946 à 1990, Geuthner, 2017.

La récente visite officielle en France du président libanais Michel Aoun et le voyage d’Emmanuel Macron à Beyrouth prévu au printemps 2018 semblent témoigner d’une nouvelle vitalité au plus haut niveau de la relation franco-libanaise. Face aux défis actuels immenses que connaît le Liban (menace djihadiste, crise financière sans précédent, gestion des réfugiés syriens, corruption généralisée dans les structures de l’Etat, discrédit pesant sur la classe politique), le président français a appelé de ses vœux au maintien d’un « Etat fort » au Liban. L’Etat fort, formule pour le moins ambiguë, est précisément celui que le général Aoun, élu péniblement en 2016 après plusieurs années inédites de vacance présidentielle, semble vouloir incarner depuis longtemps avec le soutien du Hezbollah dont les soldats combattent aux côtés du régime syrien de Bachar el-Assad.

Ancien mandat français au Levant (1920-1946), le sort du Liban n’a jamais laissé la France indifférente après l’indépendance du pays tant ses intérêts politiques, économiques et culturels au Moyen-Orient y sont restés profondément ancrés. Inutile de revenir ici sur l’ancienneté bien connue des intérêts français au Levant, lesquels se sont renforcés dès la fin du XIX è siècle et qui ont abouti à la formation des mandats français sur la Syrie et le Liban en 1920. L’Etat du Grand-Liban dans ses frontières actuelles a été alors créé par la France à la demande des maronites. Des hauts-commissaires français s’y sont succédés, puis des délégués généraux à partir de la Seconde Guerre mondiale, moment décisif pour l’accession aux indépendances syrienne et libanaise. Dans le cas du Liban, l’indépendance actée par le départ des derniers soldats français en 1946, s’est accompagnée d’un transfert progressif de souveraineté en faveur du nouvel Etat libéré de la tutelle française. Le moment fut parfois douloureux pour l’ancienne puissance mandataire, mais il n’entraîna aucune rupture entre Paris et Beyrouth. La France chercha au contraire dès les premières années post-mandataires, à entretenir par divers moyens des relations privilégiées avec son ancien territoire. Faute de continuer à exercer sa puissance, elle voulut y maintenir son influence économique et surtout culturelle. Alors que la crise de Suez (1956) créa une fracture entre la France et la plupart des pays arabes, le Liban fut le seul pays de l’Orient arabe qui, depuis 1945, n’a jamais rompu ses relations diplomatiques avec la France.

Si le premier déplacement d’un président français au Liban est tardif et s’inscrit dans un contexte dramatique (le voyage présidentiel de François Mitterrand les 23 et 24 octobre 1983 pendant la guerre civile, après l’attentat contre le poste Drakkar), les années 1990 et 2000 voient se multiplier les séjours officiels des chefs d’Etat français à Beyrouth : ainsi en témoignent les quatre voyages de Jacques Chirac, ceux de Nicolas Sarkozy (visite-éclair du 7 juin 2008, celle du 2 novembre 2011), ou ceux de François Hollande (le 4 novembre 2012 et les 16 et 17 avril 2016 en pleine vacance présidentielle). Peu avant son élection à la présidence de la République en 2017, Emmanuel Macron avait lui-même fait le voyage de Beyrouth comme candidat pour épaissir sans doute sa stature présidentielle. La forte intensité de la relation franco-libanaise depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale se nourrit incontestablement d’affects puissants qui unissent depuis des décennies les chrétiens du Liban à une France encore perçue comme puissance protectrice traditionnelle, mais dont l’image de protectrice s’est pourtant fortement dégradée depuis les années de guerre. Les liens étroits entre Paris et Beyrouth ne sont pas non plus uniquement le fait de l’affinité et de la convergence de vue (très variable dans le temps, mais parfois très forte) entre chefs d’Etat français et libanais.

Elle doit beaucoup aussi à l’action et au zèle des diplomates français et libanais qui, sur le terrain, se sont employés au quotidien à alimenter les interractions entre Paris et Beyrouth. Faute de rupture diplomatique entre les deux capitales, et comme Paris maintint en permanence une ambassade dans son ancien mandat pendant les quinze années de « guerre civile », le Liban présente la particularité d’être le pays de l’Orient arabe dans lequel la France a envoyé le plus d’ambassadeurs depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Vingt-six ambassadeurs s’y sont ainsi succédés depuis 1946 dont sept avant 1975, huit pendant la guerre et onze sous la Seconde République. Le dernier en date, Bruno Foucher a été nommé à Beyrouth à l’été 2017, au début de la présidence d’Emmanuel Macron.

C’est sur le profil de ces diplomates que cet article se propose d’apporter des éclairages. Qui forme ce groupe mal connu des ambassadeurs de France au Liban dont le rôle fut souvent décisif depuis l’indépendance et sans qui la diplomatie française dans son ancien Mandat n’aurait pu s’exercer ? Quelle est leur formation ? Quels sont leurs parcours ? Est-il possible enfin de dégager des logiques de nomination spécifiques au poste de Beyrouth ?

Quatre générations d’ambassadeurs de France depuis 1946

De 1946 à 1969, une première génération d’ambassadeurs de France à Beyrouth née entre 1898 et la veille de la Première Guerre mondiale tente de maintenir coûte que coûte, voire de renforcer la place privilégiée que la France occupait au Liban avant l’indépendance du pays. Leurs missions marquent le temps de l’âge d’or de la présence française au Liban qui trouve son apogée sous la présidence du général de Gaulle. Les ambassadeurs de France sont alors respectivement Armand du Chayla (1946-1952), Georges Balaÿ (1952-1955 et le premier à porter le titre officiel d’ambassadeur), Louis Roché (1956-1960), Robert de Boisséson (1960-1964), Pierre-Louis Falaize (1964-1967), Pierre Millet (1967-1969), Bernard Dufournier (1969-1971), Michel Fontaine (1971-1975).

Au moment où le Liban bascule dans la guerre avec le massacre d’Aïn el-Remmaneh (13 avril 1975), Hubert Argod est le nouvel ambassadeur de France à Beyrouth. Son ambassade (1975-1979) est donc la première de la guerre du Liban. Elle marque la transition entre la première génération des représentants français à Beyrouth née avant la Première Guerre mondiale et une nouvelle génération qui débute avec Louis Delamare (1979-1981), née majoritairement dans l’entre-deux-guerres avec pour représentants ultérieurs, Paul-Marc Henry (1981-1983), Fernand Wibaux (1983-1985), Christian Graeff (1985-1987) et Paul Blanc (1987-1989). Cette seconde génération a servi au Liban dans des conditions périlleuses pendant les quinze années de « guerre civile ». Elle paya un lourd tribut avec le tragique assassinat de Delamare le 4 septembre 1981. Pour des raisons de sécurité et en raison du danger croissant du poste durant la guerre, les représentants français ne restèrent en moyenne pas plus de deux ans sur place.

Au moment où s’achève le conflit libanais et où s’installe la Seconde République née de l’Accord de Taëf (1989), une troisième génération d’ambassadeurs de France à Beyrouth s’apprête à prendre la relève. Il s’agit de la génération des diplomates qui ont servi au temps de l’occupation étrangère du Liban achevée par le retrait des troupes syriennes en 2005. Parmi eux, citons René Ala (mai 1989-juin 1991), Daniel Husson (juillet 1991-février 1993), Michel Chatelais (février 1993-mai 1994), Jean-Pierre Lafon (mai 1994-février 1997) lequel initie véritablement le temps de la reconstruction et du renouveau de la relation franco-libanaise d’après-guerre, Daniel Jouanneau (1997-1999), Philippe Lecourtier (1999-2004).

La quatrième génération d’ambassadeurs est celle de l’ère post-syrienne (2005 à nos jours). Elle compte parmi ses membres Bernard Emié (2004-2007), le premier représentant de la génération née après la Seconde Guerre mondiale, André Parant (2007-2009), Denis Pietton (2008-2012), Patrice Paoli (2012-2015), Emmnanuel Bonne (2015-2017), puis Bruno Foucher tout juste nommé à l’été 2017.

Quels engagements, quelle formation ?

Sur les vingt-six ambassadeurs que la France a envoyés au Liban depuis 1946, la formation initiale des titulaires du poste révèle des permanences et des inflexions notables.

La première génération des ambassadeurs de France au Liban née entre 1898 (Armand du Chayla) et 1914 (Hubert Argod) se distingue par son engagement dans la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale aux côtés du général de Gaulle. Loin d’être une spécificité libanaise, il s’agit d’un trait marquant pour la plupart des diplomates français nommés par le Quai d’Orsay après la guerre. La plupart furent révoqués par Vichy. Armand du Chayla (1946-1952), le premier représentant français au Liban après l’indépendance, s’est rallié au Comité français de Londres dès octobre 1942. Georges Balaÿ, son successeur à Beyrouth (1952-1955), a été le chargé des affaires d’Afrique au Commissariat des Affaires étrangères de Londres en octobre 1942 de la même année, avant de prendre la tête du service Afrique à l’Administration centrale à Alger en octobre 1943. Louis Roché (1956-1960) a été membre de l’équipe française de la radio de Londres entre 1942 et 1943, puis deuxième conseiller auprès du délégué à Londres du Comité français de libération nationale (CFLN), entre 1943 et 1945. Pierre-Louis Falaize (1964-1967) s’est engagé quant à lui dans les Forces françaises libres (FFL) de 1940 à 1944. Bernard Dufournier (1969-1971) a été intégré en 1944 à la délégation du CFLN auprès des gouvernements alliés repliés à Londres. Michel Fontaine (1971-1975) a été enfin attaché d’ambassade à Londres entre 1944 et 1945. Les premiers ambassadeurs de France au Liban formaient déjà des réseaux de connaissances étroits qui remontaient même pour certains à l’entre-deux-guerres. Certains ont occupé des ambassades dans le monde arabe au même moment. Ainsi, lors de la crise de Suez (1956), Louis Roché (1955-1958) était ainsi à Beyrouth le collègue d’Armand du Chayla alors en poste dans l’Égypte de Nasser ou de Pierre-Louis Falaize en poste à Amman, autant de noms marquants de la présence française au Liban après l’indépendance.

Comme pour la plus grande partie des ambassadeurs de France à l’étranger, ceux qui ont occupé le poste de Beyrouth sont pour beaucoup d’entre eux diplômés de l’Ecole des Sciences politiques de Paris (Sciences Po) rebaptisée en 1945 Institut d’études politiques de Paris. Le passage par la rue Saint Guillaume est parfois complété par des diplômes d’études supérieures obtenus dans des écoles de renom. Pierre Millet (1967-1969) est ainsi parallèlement diplômé d’HEC, Bernard Dufournier (1969-1971) est agrégé d’histoire-géographie, Michel Fontaine (1971-1975) possède un diplôme d’études supérieures d’économie politique et de droit public. Louis Delamare (1979-1981), lequel connut un sort tragique prennant la guerre civile, inaugure l’ère des ambassadeurs énarques à Beyrouth. Après lui, viendront Paul-Marc Henry (1981-1983), Jean-Pierre Lafon (1994-1997), Daniel Jouanneau (1997-1999), Philippe Lecourtier (1999-2004), Bernard Emié (2004-2007), André Parant (2007-2009), Bruno Foucher (à partir de 2017). Les énarques font une percée remarquée à Beyrouth à partir de la Seconde République libanaise.

Le passage par l’Ecole des Sciences politiques de Paris n’est toutefois pas systématique. Nommé en 2015 à Beyrouth, Emmanuel Bonne est ainsi diplômé de l’Institut d’études politiques de Grenoble. D’autres ambassadeurs de France au Liban n’ont pas suivi le cursus universitaire classique avant l’entrée dans la voie diplomatique. Daniel Husson (1991-1993) n’est titulaire que d’un Baccalauréat de l’enseignement secondaire. Pierre-Louis Falaize (1964-1967) possède une licence en droit, Fernand Wibaux (1983-1985) un doctorat en droit. Christian Graëf (1985-1987) et René Ala (1989-1991) sont tous deux licenciés en droit et brevetés de l’Ecole nationale de la France d’outre-mer, tandis que Paul Blanc (1987-1989) est docteur en droit et breveté de la même Ecole. Michel Chatelais (1993-1994) est passé par l’Ecole nationale de la France d’Outre-mer.

Le profil général des diplomates français à Beyrouth révèle paradoxalement que la connaissance de l’arabe est loin d’être une condition indispensable pour obtenir le poste. Rares sont en effet les ambassadeurs arabisants ou du moins, faisant figurer sur leur notice biographique, des études d’arabe initiales. Seules quatre personnalités sur vingt six semblent arriver à Beyrouth avec une solide connaissance de l’arabe. Trois d’entre eux sont passés par l’Inalco : Paul-Marc Henry (1981-1983), Denis Pietton (2009-2012), diplômé en arabe littéral et Patrice Paoli (2012-2015), diplômé d’arabe et de persan. Christian Graeff (1985-1987) a pour sa part suivi une formation au centre d’enseignement pratique de l’arabe moderne à Bikfaya. La connaissance de l’arabe n’est donc pas un critère décisif pour un poste à Beyrouth. L’ambassadeur Daniel Jouanneau avoue n’avoir commencé à apprendre l’arabe avec son épouse qu’au moment de son arrivée au Liban.

Lire la partie 2 : Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (2/2)

Lire également sur Les clés du Moyen-Orient :
- >http://www.lesclesdumoyenorient.com/Les-ambassadeurs-de-France-au-Liban-de-1946-a-nos-jours-un-corps-specifique-de-2513.html]
Lire également sur Les clés du Moyen-Orient :
- Stéphane Malsagne, préface de Georges Corm, Fouad Chéhab 1902-1973, une figure oubliée de l’histoire libanaise- Fouad Chéhab : fondateur de l’armée libanaise et président de la République
- Un orientaliste français en terre d’islam, Charles-Eudes Bonin (1865-1929)- Entretien avec Stéphane Malsagne pour introduire la question contemporaine au programme de l’agrégation et du Capès d’histoire 2017 : « Le Moyen-Orient de 1876 à 1980 »

Lire l’article sur le site Les clés du Moyen-Orient

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Les clés du Moyen-Orient


Les clés du Moyen-Orient
Article publié le 13/10/2017


Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (2/2))


Stéphane Malsagne est agrégé, docteur en histoire (Paris I) et chargé d’enseignement sur l’histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris et à l’UVSQ.
Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur le Liban dont Fouad Chéhab (1902-1973), une figure oubliée de l’Histoire libanaise, Karthala/Ifpo, 2011 ; Journal du Père Lebret au Liban et au Moyen-Orient (1959-1964), Geuthner, 2014 et Sous l’œil de la diplomatie française. Le Liban de 1946 à 1990, Geuthner, 2017.

Lire la partie 1 : Les ambassadeurs de France au Liban de 1946 à nos jours : un corps spécifique de la diplomatie française au Moyen-Orient ? (1/2)

Quelle expérience diplomatique préalable au Liban, dans le monde arabe et au Moyen-Orient ?

Une expérience diplomatique préalable au Liban, au Moyen-Orient ou dans un autre pays arabe est-elle un critère important de choix des ambassadeurs de France à Beyrouth ? Existe-t-il une logique systématique de nomination liée à une telle experience ? En réalité, la grande diversité des profils et des carrières des titulaires du poste ne plaide pas en faveur de l’existence d’une telle logique. En 1994, Jean-Pierre Lafon est ainsi nommé au Liban sans aucune connaissance du terrain.

Plusieurs variables semblent cependant clairement jouer le rôle d’accélérateur vers une nomination au Liban. Il apparaît ainsi nettement qu’occuper un poste de premier secrétaire ou de premier conseiller à Beyrouth renforce considérablement les chances du titulaire de devenir ultérieurement ambassadeur. Certains ambassadeurs de France ont déjà en effet une très bonne connaissance du terrain libanais et de ses enjeux complexes. C’est le cas d’Hubert Argod (1975-1979) qui avait déjà exercé à Beyrouth comme premier secrétaire (1947-1951) sous l’ambassade d’Armand du Chayla. Il est donc probable que ce facteur a joué un rôle non négligeable dans sa nomination au moment critique des premières années de la guerre « civile ». Christian Graeff (1985-1987) avait aussi été premier secrétaire dans la capitale libanaise (1963-1967) au moment des ambassades du baron de Boisseson, puis de Pierre-Louis Falaize. Sa connaissance du terrain libanais remonte même aux années cinquante, car c’est à Bikfaya qu’il vint en 1957 perfectionner sa connaissance de la langue arabe. Après la guerre, de nouveaux ambassadeurs de France retrouvent un Liban qu’ils ont déjà connu comme diplomates pendant la guerre. C’est le cas de Daniel Husson (1991-1er février 1993), premier conseiller à Beyrouth près de dix ans plus tôt (1982-1984), à une époque charnière de la guerre civile libanaise ponctuée par l’invasion israélienne du Liban suivie par les massacres de Sabra et Chatila, l’assassinat de Béchir Gemayel, ou encore les massacres dramatiques du Chouf et l’attentat du Drakkar en 1983. Là encore, le choix de Daniel Husson comme premier ambassadeur de France dans les premiers mois de la Seconde République libanaise d’après-guerre fut très probablement motivé par sa grande experience préalable du terrain. Il arrive qu’un poste de premier conseiller à Beyrouth précède immédiatement une nomination au grade d’ambassadeur au Liban. André Parant (2007-2009) est le seul à entrer dans cette configuration.

Sans avoir nécessairement occupé un poste diplomatique préalable au Liban, il apparaît que certains ambassadeurs de France à Beyrouth avaient déjà une bonne connaissance du terrain libanais et moyen-oriental. Ainsi, Paul-Marc Henry (1981-1983) eut déjà l’occasion de fréquenter le Liban dans les années 1950-1951, dans le cadre de sa mission auprès du Secrétariat international de l’UNRWA à Beyrouth. Avant de prendre ses fonctions à Beyrouth le 22 avril 1997, Daniel Jouanneau avait déjà parcouru le pays par ses deux visites effectuées en 1974 et 1976, alors qu’il était premier secrétaire au Caire. C’est encore lui, qui, en tant que chef du protolole, avait preparé lors d’une visite à Beyrouth les deux voyages présidentiels de Jacques Chirac en avril et octobre 1996. Il y rencontra déjà à l’occasion les dirigeants libanais. Emmnanuel Bonne, nommé en 2015 à Beyrouth a aussi au préalable une bonne connaissance du Liban qu’il fréquenta dix ans plus tôt, non comme diplomate, mais comme chercheur au Cermoc.

Un autre critère important intervient pour tenter d’expliquer la nomination de nombreux ambassadeurs à Beyrouth n’ayant pas eu au préalalable d’expérience libanaise. Il s’agit de l’occupation antérieure d’un poste d’attaché, de conseiller, de secrétaire ou même d’ambassadeur dans un pays arabe, et plus largement au Moyen-Orient. Avant d’être nommé à Beyrouth en 1943, Armand du Chayla avait été, près de vingt ans plus tôt, attaché d’ambassade à Constantinople (1924). Georges Balaÿ (1952-1955) fut ministre plénipotentiaire à Bagdad dès 1946. Pierre-Louis Falaize (1964-1967) fut d’abord ambassadeur de France à Amman (1954-1956) avant d’être nommé à Beyrouth en 1964. Louis Delamare (1979-1981) avait été secrétaire général des centres culturels français à Istanbul (1950-1951), puis au Caire (1951-1954). Jean-Pierre Lafon (1994-1997) a exercé à Téhéran comme chef de la mission culturelle et de cooperation technique à l’ambassade de France (1977-1979). Philippe Lecourtier (1999-2004) a été nommé auparavant ambassadeur de France à Bagdad en 1990, sans y être toutefois installé. Bernard Emié (2004-2007) fut d’abord ambassadeur de France à Amman, avant de rejoindre Beyrouth deux ans plus tard. Denis Pietton (2009-2012) fut d’abord consul général à Jérusalem entre 1999 et 2002, avant d’être nommé au Liban en 2009. Patrice Paoli (2012-2015) est quant à lui un fin connaisseur des pays du Moyen-Orient avant sa prise de fonction à Beyrouth. Il exerça en effet d’abord comme attaché culturel de coopération à Sanaa, avant d’être nommé premier secrétaire à Amman entre 1983 et 1987, puis comme premier conseiller au Caire entre 1995 et 1999. Il fut surtout deux fois ambassadeur au Moyen-Orient (à Koweit dès 1999 et à Abou Dabi à partir de 2005) avant de rejoindre Beyrouth. Emmanuel Bonne fut d’abord deuxième conseiller à Téhéran (2003-2006) et premier conseiller à Riyad entre 2006 et 2009. Le dernier ambassadeur en date, Bruno Foucher, a dirigé enfin l’ambassade de Téhéran de 2011 à 2016. Entre 2000 et 2003, il avait exercé comme premier conseiller à Riyad. Le monde arabe est donc déjà un espace de connaissances pour bon nombre de ces diplomates français nommés à Beyrouth.

Quelques ambassadeurs de France à Beyrouth semblent toutefois débarquer sur place sans experience particulière du monde arabe, ni du Moyen-Orient. Louis Roché a ainsi fait l’essentiel de sa carrière en Europe et en Australie avant d’être nommé au Liban en 1955. Son rapport diplomatique de fin de mission rédigé en 1960 montre toutefois qu’il s’est déjà rendu à titre personnel en Orient à l’hiver 1928-1929, séjour pendant lequel il resta près de 15 jours à Beyrouth. Avant sa nomination à Beyrouth en 1960, Robert de Boisseson a essentiellement exercé en Extrême-Orient et au Chili, malgré une expérience en Afrique du nord.

La direction d’Afrique-Levant : grande pourvoyeuse d’ambassadeurs

Une autre variable accélératrice est l’occupation, au cours de la carrière diplomatique, d’un poste au sein de la direction d’Afrique-Levant au Quai d’Orsay. Cela apparaît clairement comme un gage de crédibilité pour le futur titulaire du poste. Au sein d’Afrique-Levant, les diplomates entretiennent en effet déjà de nombreuses correspondances avec les ambassadeurs de France nommés à Beyrouth et au Moyen-Orient et sont déjà très familiarisés avec les acteurs et les enjeux complexes du terrain.

Depuis l’indépendance du Liban, plusieurs diplomates ont en effet occupé ce type de poste avant d’être nommés dans la capitale libanaise. C’est le cas de Georges Balaÿ (1952-1955), directeur en 1945, d’Hubert Argod (1975-1979), sous-directeur du Levant entre 1958-1961, de Paul-Marc Henry (1981-1983) chargé des affaires économiques d’Afrique-Levant en 1948-1949, de Paul Blanc (1987-1989), entre 1960 et 1962, d’André Parant (2007-2009) préalablement sous-directeur d’Egypte-Levant à la direction d’Afrique du nord-Moyen-Orient entre 2000 et 2002, de Denis Pietton (2009-2012) à partir de 1983, d’Emmanuel Bonne (2015-2017) entre 2000 et 2003. Le poste de directeur d’Afrique du Nord-Moyen-Orient peut parfois même être un tremplin direct pour une nomination à Beyrouth, comme l’illustrent les cas de Bernard Emié (2004-2007) et de Pascal Paoli (2012-2015). Avant son arrivée à Beyrouth en 2015, Emmanuel Bonne était quant à lui le conseiller pour l’Afrique du nord et le Moyen-Orient à la cellule diplomatique de la présidence de la République. C’est lui qui, dès 2013, un an avant la vacance présidentielle née du départ de Michel Sleiman, avait présenté un rapport à François Hollande sur la crise présidentielle libanaise. Le rapport prévoyait trois options : la prolongation du mandat de Michel Sleiman, le recours au commandant en chef de l’armée ou l’élection d’une personnalité nouvelle extérieure aux jeux politiques.

A quel moment l’obtention du poste à Beyrouth intervient-elle dans la carrière diplomatique des ambassadeurs ?

Là encore, aucune logique particulière ne semble se dessiner. L’observation du parcours des vingt six ambassadeurs de France au Liban depuis 1943 révèle que la nomination à Beyrouth correspond parfois à un début de carrière, ou une première ambassade. Paul-Marc Henry (1981-1983) représente toutefois un cas atypique, car sa nomination comme ambassadeur intervient à la fin de sa carrière, mais correspond aussi à sa première veritable ambassade. Pour Christian Graeff (1985-1987), Beyrouth est aussi la première ambassade de sa carrière, tout comme Jean-Pierre Lafon (1994-1997), ou encore Emmnanuel Bonne (2015-2017). La plupart des ambassadeurs à Beyrouth ont toutefois déjà été ambassadeurs auparavant. La nomination au Liban intervient souvent à un moment avancé de la carrière, souvent l’avant-dernier poste diplomatique avant la retraite (Louis Roché, Robert de Boisseson, Pierre-Louis Falaize, Pierre Millet, Bernard Dufournier, Fernand Wibaux, Christian Graeff, Michel Chatelais, Jean-Pierre Lafon, Denis Pietton). La nomination à Beyrouth peut parfois même couronner une carrière diplomatique. C’est le cas de Georges Balaÿ (1952-1955), de Michel Fontaine (1971-1975), d’Hubert Argod (1975-1979), de Paul-Marc-Henry (1981-1983), de Paul Blanc (1987-1989), de René Ala (1989-1991), de Daniel Husson (en 1993, proche de la retraite, ce dernier avait demandé à être prolongé d’un an, mais le refus de Roland Dumas précipita l’arrivée de Michel Chatelais) entre 1991 et 1993, de Philippe Lecourtier (1999-2004). Beyrouth peut être enfin synonyme d’interruption brutale en temps de guerre, comme l’illustre l’assassinat tragique de Louis Delamare en novembre 1981.

Au final, le cas libanais est instructif car il permet de présenter un échantillon éclairant de l’histoire du dispositif diplomatique français au Moyen-Orient mis en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le Liban en est assurément l’un des épicentres majeurs et permet de mieux comprendre les logiques de nomination diplomatiques, même si les vingt-six exemples étudiés ne permettent pas de conclure à l’existence d’un profil-type de diplomate nommé à Beyrouth. L’analyse du cas libanais est plus généralement une invitation à étudier sur la longue durée les parcours et les profils des diplomates français dans l’ensemble du Moyen-Orient.

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